Apostrophe 45 : "Accueil des réfugiés : le débat Sueur/Montillot "


Mardi 8 Septembre 2015

Dans le cadre de l’émission Controverse sur France Bleu Orléans, les deux élus ont confronté leur analyse et expliqué leurs divergences. Ce qu'il fallait en retenir.


OPPOSITION. Cela n’étonnera pas grand-monde : les points de convergence entre le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur et l’adjoint au maire d’Orléans et président départemental de l’UDI Florent Montillot sont rares. Dans le cadre de l’émission Controverse, diffusée sur France Bleu Orléans un lundi par mois et co-animée en partenariat avec apostrophe45 et France 3 Centre, les deux hommes ont débattu pendant dix minutes sur l’actualité internationale et en premier lieu sur l’accueil des réfugiés syriens en France bien sûr. Alors que Florent Montillot juge que l’Etat se défausse sur les collectivités territoriales pour organiser et financer cet accueil, Jean-Pierre Sueur assure que l’Etat assumera pleinement ses responsabilités, y compris financières. En revanche, les deux élus se retrouvent sur la nécessité de faire la guerre aux passeurs directement dans les camps de réfugiés, et sur la condamnation du double jeu de la Turquie. Voici ce qu’il fallait retenir de ce débat. 
Controverse : Florent Montillot, la ville d’Orléans doit-elle accueillir des réfugiés syriens et le fera-t-elle ? 
Florent Montillot.
L’honneur du politique est de transformer l’émotion en action. (…)  Maintenant, je voudrais dénoncer une hypocrisie, une tartufferie absolument invraisemblable : voilà un gouvernement, par le biais de Monsieur Cazeneuve - ministre de l'Intérieur -, de Monsieur Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, qui dit, voilà, on va accueillir des réfugiés, c’est l’honneur de la France, donc nous nous tournons vers les collectivités territoriales. Dans le même temps, je rappelle que le même gouvernement prend 11 milliards d’euros aux collectivités, et que pour la seule ville d’Orléans, c’est 7 millions d’euros, sur un budget de fonctionnement de 100 millions d’euros. Donc accueillir des réfugiés bien sûr, mais que l’Etat assure ses responsabilités. 
Jean-Pierre Sueur. Florent Montillot est fidèle à lui-même : il commence par : « Vous êtes des hypocrites et des Tartuffe, ce qui est une manière d’entrée en matière tout à fait diplomatique. L’Etat ne dit pas : je me défausse auprès des collectivités locales. Il dit : l’Etat doit prendre ses responsabilités, dégager des financements, et des milliards de financement, l’Etat ! Et les collectivités doivent aussi faire l’effort qui est nécessaire, les citoyens, les cultes le font. 
Controverse. Qui va les loger ces réfugiés et à la charge de qui vont-ils être logés quand on sait que 1.000 demandeurs d’asile sont en demande d’une place dans le Loiret et qu’il n’existe que 473 places dans les CADA du Loiret ? 
Jean-Pierre Sueur.
Je sais très bien que cela posera une question financière, je le sais très bien. L’Etat, les collectivités locales, les différentes associations, les citoyens, les familles, tout le monde devra s’y mettre. (…) Vous avez tout à fait raison sur les passeurs. La réponse est dans l’organisation, en Europe, d’une véritable police. Moi je suis pour que l’on accroisse les moyens de Frontex, de la douane, des polices, de telle manière que l’on aille là-bas pour faire la guerre aux passeurs. Seule l’Europe peut mener la guerre aux passeurs. 
Florent Montillot. Avec un mandat de l’ONU, monsieur Sueur !
Jean-Pierre Sueur. Oui, mais si on dit qu’il faut attendre l’ONU, la Chine, les Etats-Unis, le Canada, on ne fera rien. (…) L’Europe est en capacité d’agir. En Europe, il y a 500 millions de personnes, on ne peut pas dire qu’on ne peut pas accueillir 200.000 personnes. Personne ne peut dire le contraire. On ne peut pas dire que l’Europe doit se  croiser les doigts en attendant que l’ONU aille faire la guerre aux passeurs. 
Florent Montillot. Il s’agit de réfugiés, pas de migrants. Et quand j’entends dire que ces réfugiés vont donner toutes leurs économies à des passeurs, c’est inacceptable dans cette affaire. Et là, je voudrais qu’on revienne à la raison au-delà du cœur. Il est inadmissible de continuer à ce que l’on soit une pompe aspirante pour les passeurs. Cela va jusqu’à 10.000 euros par passage et par famille. Aujourd’hui, les passeurs gagnent de plus en plus d’argent de façon monstrueuse. Il y a une solution : il doit y avoir un droit asile européen et directement la possibilité d’aller dans les camps de réfugiés pour orienter les réfugiés vers les différentes destinations, et pas seulement vers le pays de l’Union européenne. Je le dis très concrètement aujourd’hui :  j’accuse sur le plan international, l’ONU, cette espèce de machin dont parlait le général de Gaulle, de ne pas faire son boulot. On a l’impression que l’Union européenne doit régler le problème de l’Afrique, du Proche Orient avec la Syrie, du Moyen Orient avec l’Afghanistan puisque je rappelle qu’il y a des réfugiés qui viennent d’Afghanistan. Que fait l’ONU ? Que fait la Chine ? Que fait la Russie ? Que font les Etats-Unis ? Rien. Je crois que dans cette affaire, la plus grave crise humanitaire que la planète ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale, nous sommes dans un problème mondial,  j’appelle d’une part que l’on puisse aller chercher directement les réfugiés dans les camps de réfugiés, qu’ils ne puissent plus être entre les mains des passeurs ; d’autre part que l’ensemble de la communauté internationale soit mobilisée. 
Controverse. Vous dénoncez l’un et l’autre le double jeu de la Turquie pour lutter contre le terrorisme international. 
Florent Montillot.
Une grosse partie du financement actuel de Daesh, c’est le pétrole et le vol des œuvres d’art qui passent en grande partie par la Turquie. Il faut impérativement qu’un pays qui aspirerait à rentrer dans l’Union européenne puisse aujourd’hui jouer le rôle qu’il devrait jouer. La Turquie doit cesser de faire passer le pétrole en contrebande sur son territoire, la Turquie doit cesser de ne frapper presque exclusivement que les Kurdes à la frontière syro-irakienne pour participer véritablement à la démolition de Daesh. 
Jean-Pierre Sueur. Nous avons demandé de la clarté à la Turquie. J’ai eu l’occasion de m’en entretenir avec les autorités turques et c’est vrai qu’elles mettent sur le même plan le PKK et Daesh et que ce n'est pas possible. Je suis d’accord sur ce point. 

Pour réécouter le débat sur France Bleu Orléans :
5eme_partie_controverse_jp_sueur_debat_fmontillot__net_a787bc6c_19e8_48b8_857f_31596376406f_r45a.mp3 5eme_partie_CONTROVERSE_JP_Sueur_debat_FMontillot--NET_a787bc6c-19e8-48b8-857f-31596376406f_R45A.MP3  (14.95 Mo)

FM


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