Collectif CAPE : "Villes Coup de pouce CLE, la question de l'évaluation"


Lundi 21 Octobre 2013


Collectif CAPE : "Villes Coup de pouce CLE, la question de l'évaluation"

Compte-rendu de l'AG de l'Association nationale des Villes Club Coup de pouce CLE qui s'est tenu ce mois et présidée par Gaetan Gorce, sénateur-maire et Florent Montillot, maire adjoint d'Orléans, membre du Conseil National des Villes.

 
Pour tous les financeurs, "la question de l'évaluation est de plus en plus pressante", rapporte Edith Lalliard, directrice du mécénat de la Caisse des dépôts, qui soutient les "clubs Coup de pouce CLE" et qui accueillait le 9 octobre la première réelle assemblée générale des Villes qui développent ce dispositif de prévention de l'échec scolaire au cours préparatoire. Co-présidée par Gaëtan Gorce, sénateur-maire PS de La Charité-sur-Loire et par Florent Montillot, maire adjoint UDI d'Orléans, elle a vu son existence confortée, même si elle ne compte encore que 35 communes adhérentes sur les 256 susceptibles de le faire. Elle a aussi posé la question de l'évaluation, un sujet très sensible depuis que le titre d'un article du Monde résumant un rapport de l'Ecole d'économie de Paris a mis en doute l'efficacité de ce dispositif.

Tous les intervenants ont insisté sur la multiplicité des dispositifs existant, sur la nécessité de les évaluer, mais aussi de les financer. Gaëtan Gorce a rencontré à ce sujet Louis Gallois, Commissaire général à l’investissement, qui n'a pas exclu la création d'un fonds dédié à la réussite scolaire. Catherine Moisan, directrice de la DEPP (la direction de l'évaluation de l'Education nationale) a souligné que tout évaluateur devait d'abord se demander ce qu'il cherchait à évaluer : l'impact sur les compétences standards, sur les parcours des élèves, sur les pratiques des enseignants, sur l'implication des parents, sur le goût de la lecture... Il devait aussi, s'il constitue un groupe témoin, se demander si les enfants qui n'ont pas bénéficié du dispositif évalué n'ont pas bénéficié d'autres formes de soutien [ce que n'a pas fait l'Ecole d'économie de Paris, ndlr]. Ancienne directrice des affaires scolaires de la Ville de Paris, elle peut témoigner d'un résultat évident, l'implication des parents. Elle a assisté aux cérémonies qui marquent la fin de l'année scolaire et qui récompensent l'engagement des enfants. La première année, dans le XIXe arrondissement de la capitale, la grande salle de la mairie n'était pas pleine. La 3e année, il va fallu organiser 4 réunions, et la salle était pleine à chaque fois. 
La présence de plus en plus marquée des pères
C'est un point sur lequel tous les intervenants sont revenus. Stéphanie Morel, directrice d'études à Acadie, le cabinet qui a mené l'évaluation qualitative des Coup de pouce CLE tandis que l'Ecole d'économie de Paris menait l'étude quantitative, souligne la difficulté d'attirer les parents, mais combien ils adhèrent ensuite au projet scolaire. Florent Montillot évoque pour sa part la présence de plus en plus marquée au fur et à mesure de l'année des pères. Il parle de la satisfaction des parents des enfants qui sont désignés pour y participer, et qui n'ont en aucun cas le sentiment d'être stigmatisés, mais au contraire bien chanceux. Une maman venue de Guéret (Creuse) pour témoigner dit combien elle est "fière de [son] fils" qui sait lire. Une élue de Romainville (Seine-Saint-Denis) explique que toutes les familles concernées ne sont pas immigrées, que certains parents sont diplômés du supérieur, mais ne peuvent pas s'occuper de leurs enfants qui dès lors sont considérés comme "fragiles" par leurs enseignants, risquant de ne pas apprendre à lire, bien qu'ils en aient tous les moyens, parce qu'ils ne disposent pas dans leurs familles de l'étayage nécessaire, comme l'explique Dominique Glasman, sociologue, président du Conseil scientifique de l'APFEE (la structure qui soutient les Coup de pouce CLE).
Cette notion de fragilité est le second thème sur lequel se sont retrouvés bien des intervenants. Anne-Marie Chartier, chargée par le comité scientifique de l'APFEE de mettre au point une évaluation, rappelle que ce dispositif ne s'adresse pas à des enfants en très grande difficulté, qui relèvent d'autres dispositifs, comme les RASED, mais elle pense que les critères devraient être affinés.
Les effets sur les enseignants... et sur les enfants
Les effets sur les enseignants sont également présents. Il arrive notamment que l'animateur dise au maître que le travail qu'il donne à faire le soir représente beaucoup plus que les quelques minutes qu'il imagine et que celui-ci change de point de vue sur le travail extra-scolaire. D'autres ont un regard différent sur les difficultés de leurs élèves. Alors qu'ils sont souvent méfiants au départ, ils y voient rapidement "un outil complémentaire" de leur action.
Et tous de souligner les effets sur les enfants qui, à la fin de l'année, sont, pour 80 ou 90 % d'entre eux lecteurs, et qui ont pris confiance en eux. Florent Montillot leur applique la formule de Vauvenargues, "le sentiment de nos forces les augmente".
FM


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Maire Adjoint d'Orléans
à l'éducation, les connaissances,
la prévention et la réussite
éducative

Conseiller régional

Délégué National de l'UDI
aux Universités d'été et de printemps

Secrétaire national de l'UDI en charge de la Sécurité

Président de la fédération UDI du Loiret (45)

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