Expulsion d'une famille de l'Argonne


Jeudi 18 Juillet 2013

Une famille de l'Argonne impliquée dans les trafics de stupéfiants et des violences a été expulsée. Florent Montillot a suivi ce dossier pendant près d'un an avec toutes les autorités administratives et judiciaires concernées pour parvenir à cette expulsion difficile à laquelle il était présent avec le directeur de cabinet du Préfet. --> Lire les articles de La République du Centre


Expulsion d'une famille de l'Argonne
 

C’est une expulsion sous haute tension qui s’est déroulée hier matin, vers 8 heures, dans le quartier de l’Argonne, à Orléans. Pas moins d’une cinquantaine de policiers et de gendarmes avaient été réquisitionnés au pied d’un immeuble de la rue du Clos-Gauthier. Une expulsion hors normes, destinée à déloger une famille d’une quinzaine de membres. Motif officiel : des impayés de loyers, auprès des Résidences de l’Orléanais, dépassant les 10.000 €.
 
Six jeunes interpellés

 
Mais pour la ville, c’est surtout l’occasion de se débarrasser d’une famille qu’elle accuse de faire régner la terreur dans le quartier. « On ne parle pas de troubles de voisinage mais d’actes criminels comme du trafic de drogue, des violences graves », insiste Florent Montillot, maire-adjoint à la tranquillité publique, qui avait promis, en septembre, de faire partir les « trois ou quatre familles » de l’Argonne qui « posent problème ».
Hier matin, avant que les déménageurs ne puissent entrer en action, il a fallu en passer par la force : six jeunes de la famille – deux filles et quatre garçons âgés de 14 à 23 ans – ont été interpellés après avoir menacé et frappé les policiers.
Pour les deux mères de famille ainsi que les enfants en bas âge – le père « polygame », selon Florent Montillot, ne se trouvait pas dans l’appartement – une solution de relogement avait été envisagée dans une fermette, à Coullons, dans le Giennois.

 
« C’est une solution sur laquelle nous travaillions depuis le mois d’avril, depuis que l’ordonnance d’expulsion a été rendue, explique Yann Drouet, directeur de cabinet du préfet. L’Etat n’était pas obligé d’assurer le relogement mais vu le nombre d’enfants concernés, nous avons mis en place une cellule avec des travailleurs sociaux et fait une proposition à cette famille. En raison de la superficie nécessaire pour loger tout le monde, il n’y avait pas beaucoup de possibilités. La famille a refusé notre proposition la semaine dernière. Et à nouveau ce matin ! Cette proposition n’est donc plus valable et nous n’en ferons pas d’autre. »
 
Hebergés par des proches

Un soulagement pour Coullons (2.500 âmes) qui bruissait de rumeurs sur ces nouveaux habitants dont on ne voulait plus à Orléans. « Notre commune n’est pas adaptée pour accueillir ces gens-là. Nous n’avons pas de police municipale, pas de services adaptés. C’est juste scandaleux », s’insurgeait encore, hier matin, Hervé Pichery, maire de Coullons.
Quant aux mères de famille et à leurs enfants, ils ont dormi, hier soir, « chez des proches, dans l’agglomération orléanaise ». Libre à eux maintenant de chercher un nouveau logement.
 
Alexandre Charrier


"Une famille de l’Argonne délogée pour des impayés : une expulsion « exemplaire » ?" La ville érige l’expulsion d’une famille, qu’elle accuse de troubler la vie du quartier, en exemple de sa politique de fermeté. Mais c’est bien sûr la base de loyers impayés que la procédure a pu aboutir. Et non pour des problèmes de délinquance.

Expulsion d'une famille de l'Argonne
 
Retour en septembre dernier : policiers pris pour cible quotidiennement, jets de pierre sur le tram et les vitres de la mairie de quartier,… L'Argonne est de nouveau sous tension après l'interpellation de plusieurs jeunes dans une affaire de vol de moto. Mimant la geste sarkozyste, Florent Montillot monte au créneau. Il demande que soient mises à la porte « les trois ou quatre familles » de l'Argonne dont les enfants « posent problème » dans le quartier.
Sur quelle base légale ? Fin 2012, un arrêt de la cour d'appel de Versailles vient conforter la ville d'Orléans dans sa démarche, en autorisant l'expulsion de quatre familles d'une cité de Boulogne-Billancourt, dont les enfants trafiquaient de la drogue. Motif invoqué : « trouble de jouissance ».
Pas de négociations Mardi matin, une cinquantaine de policiers et de gendarmes sont mobilisés au pied d'un immeuble du Clos-Gauthier pour expulser une famille d'origine africaine, composée d'une quinzaine de membres. Pour certains « bien connus des services de police », selon la formule consacrée. La ville est-elle passée des menaces aux actes ? Pas réellement. C'est bien sûr la base d'impayés de loyers que la justice a autorisé cette expulsion. Une classique expulsion locative en somme qui aurait pu être annulée si l'OPH d'Orléans avait accepté un arrangement à l'amiable.
« Quand l'ordre d'expulsion lui a été notifié, la famille a voulu rembourser sa dette mais nous avons refusé toute négociation », reconnaît Florent Montillot qui qualifie cette procédure d'« exemplaire ». « Il faut que le sentiment d'impunité cesse. Et que les enfants en bas âge soient soustraits à l'influence des plus grands déjà délinquants. »
 
Selon lui, deux autres familles de l'Argonne sont aussi dans le collimateur de la ville. Mais cette fois, pas d'arriérés de loyers à leur imputer. Reste donc à prouver le « trouble de jouissance ». « C'est beaucoup plus long car il faut réunir des témoignages de voisins sous X », explique Florent Montillot.
Quant à la famille expulsée, après avoir refusé une proposition de relogement dans le Giennois, elle est libre, avec l'aide des services sociaux, de se réinstaller où elle le veut. Y compris à Orléans. Même si les bailleurs ne devraient pas se bousculer pour l'accueillir.
Alexandre Charrier
FM


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