Interview dans L'Hebdo Orléans : « Mon action ne se focalise pas sur la sécurité »


Jeudi 11 Juillet 2013


Interview dans L'Hebdo Orléans : « Mon action ne se focalise pas sur la sécurité »
Florent Montillot, adjoint au maire d’Orléans, président départemental de l’UDI est une personnalité marquante dans la ville. Il serait même un élu clivant, ne laissant personne indifférent. Ses partisans louent ses qualités, son interventionnisme. Ses détracteurs stigmatisent sa vision « sécuritaire ». Mais quel regard porte-t-il sur cette image que l’on a de lui ? Comment aborde-t-il les futures échéances ? Comment est-il sorti de sa défaite aux législatives ?
 
L’HebdO : Votre image est très « sécuritaire » et vous être président départemental d’un mouvement centriste. Beaucoup vous associeraient plus à un adhérent de la droite forte. Quel est votre commentaire sur cette image que l’on peut avoir de vous ?

Florent Montillot : « C’est une erreur de penser que mon action se focalise essentiellement sur la sécurité. C’est une fonction importante, mais qui mobilise un tiers de mon temps de travail. Les deux autres tiers sont consacrés à la prévention et l’éducation. C’est moins spectaculaire et cela intéresse moins les médias. Quand on évoque l’école de la deuxième chance, on ne rajoute pas à chaque présentation « créé par Florent Montillot ». De la même manière, quand il s’agit d’évoquer le Carrefour des parents, on n’ajoute pas non plus « créé par Florent Montillot ». Cela n’aurait pas de sens. C’est la même chose pour la Maison de la réussite… et bien d’autres choses encore. Parfois on touche à l’intime, et évidemment les médias ne sont pas conviés. Il y a enfin tout ce travail qui n’est pas visible, qui ne fait pas de bruit, mais qui est d’importance, comme ces 700 familles ou jeunes que l’on suit individuellement au jour le jour.
Mais c’est vrai : dès qu’on agit sur la sécurité, on est catalogué la droite dure. Prenez Manuel Valls, il est maintenant à la droite de la gauche, dans le meilleur des cas. C’est une exception culturelle française. Je dirais même « franco-franchouillarde ». Dois-je rappeler que dans la Déclaration des Droits de l’Homme, à l’article 3, il est dit que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté ».
Cette image est d’autant plus en décalage que j’ai une réelle passion à manier l’éducatif, à préparer nos jeunes à la vie en société, à utiliser la culture comme vecteur éducatif… Et dans le projet que nous préparons à l’UDI pour Orléans, je peux vous dire que cela va décoiffer. Alors oui, je suis peut-être réputé pour mon travail pour la sécurité, mais mon domaine de prédilection, c’est l’éducation. Les deux ont vocation à se compléter parfaitement, d’ailleurs. L’éducation est le meilleur moyen pour prévenir la délinquance ».

L’HebdO : Vous avez déjà une grande expérience de la vie politique et on vous considère plutôt comme un homme brillant dans ce domaine. N’êtes-vous pas frustré de n’avoir, à ce jour, obtenu aucun mandat national ?

Florent Montillot : « Non, je n’ai aucune frustration. Et je vais vous expliquer pourquoi. Je me passionne pour cette vie au service des autres, je ne pourrais pas la concevoir autrement. Quand j’étais ado, je militais pour combattre la lèpre, puis j’ai eu des responsabilités dans un syndicat étudiant… La politique pour moi, c’est mon intime, et j’y consacre une grande part de mon temps.
J’essaye d’être « pro » sur mes dossiers, de profiter de chaque rencontre pour me nourrir du terrain…
En revanche, je suis un mauvais élève au sein d’un parti politique. Dans ces structures, on aime les gens très disciplinés, toujours dans la ligne. Pour ma part je pense qu’il faut s’adapter aux turbulences du monde, à ces évolutions. Difficile de rester figé derrière une bannière. Je n’ai pas non plus de mentor qui m’aurait appelé comme attaché parlementaire avec pour vocation de récupérer son siège un jour ou l’autre. Je ne suis pas non plus un héritier. Dans ma famille où on était dans la carrière militaire, c’était la grande muette sur ces sujets-là. J’ai toujours été un homme libre, alors évidemment, c’est plus compliqué d’avoir des investitures. Je suis souvent « inclassable », vous le notez vous-même. On va me classer sur certains sujets très à droite, et sur d’autres plus à gauche que la gauche sur l’éducation. C’est déstabilisant pour un parti.
Aujourd’hui, je ne travaille pas dans cette optique-là. Ce qui occupe mon temps à l’UDI, ce ne sont pas les investitures aux Européennes, mais la mise en place du cadre de la formation pour les futurs élus. Il y a un énorme travail également d’engagé, au-delà de l’UDI, pour qu’au moment des municipales nous soyons en capacité de garder nos élus sortants et de ravir un maximum d’autres communes ».

L’HebdO : Mais tout de même, quand vous regardez l’Assemblée nationale, vous devez tout de même vous dire que vous y avez votre place notamment au regard de certains qui y siègent. Ne me dites pas qu’il n’y a pas une frustration ?

Florent Montillot : « Non, vraiment, pas de frustration. Certes il y a beaucoup de personnalités qui sont atones un peu partout. Mais pour les législatives, c’est l’étiquette qui fait l’élection. Pour ma part, comme pour Jean-Pierre Hurtiger, nous avons été les deux seuls sans étiquette à dépasser les 10% -13% sur Orléans ville pour ce qui me concerne-. C’est la réalité du système politique. Aujourd’hui, je suis en situation d’avoir ce soutien dont je ne bénéficiais pas auparavant. Mais en terme de frustration, ce sont plutôt ceux qui ont travaillé à mes côtés, à l’occasion de ces législatives, qui le sont et je le comprends. Pour ma part je crois en ce que je fais, c’est ma vie, je n’existerai pas autrement. Lorsque je siégeais au conseil régional d’Ile-de-France, dans l’assemblée la plus importante avec ses 207 conseillers, (après l’Assemblée nationale et le Sénat), j’ai pu constater que j’étais plus heureux en tant que conseiller municipal d’opposition à Nanterre. Aujourd’hui, comme adjoint au maire, je mets en place des choses nouvelles chaque jour. Mon ambition, et non ma frustration, c’est de pouvoir porter les actions qui fonctionnent au plan national ou international. C’est d’ailleurs ce que je défendais lors des législatives ».

L’HebdO : L’UDI n’est pas une confédération comme l’était l’UDF. Pourtant, les partis qui sont rassemblés au sein de votre parti existent toujours. N’est-ce pas cette situation qui trouble les responsables de ces groupes et les incite à vouloir faire émerger des courants au sein de l’UDI ? Pourquoi tout simplement ne pas les dissoudre ?

Florent Montillot : « On peut avoir une sensibilité différente, mais il ne peut pas y avoir de courant au sein de l’UDI. D’ailleurs sur la centaine de départements, il n’y a pas de convergence de situation, il s’agit plutôt de conflits entre les partis sur un plan essentiellement local. Soit on est UDI, soit on en sort. Pour le reste, rappelons que l’UDI est née en octobre, soit quatre mois après les élections législatives. Des élections qui vitrifient le financement des partis politiques pendant les cinq années de la législature. C’est la raison pour laquelle les partis qui ont rejoint l’UDI existent toujours. En revanche, pour les prochaines législatives, les candidats seront bien présents sous cette bannière, donnant ainsi droit à une prise en compte de notre parti dans le cadre de son financement public en fonction de sa représentativité lors de cette élection. Mais en attendant cette échéance, chaque parti, qu’il s’agisse des radicaux, du nouveau centre, du CNI et des autres, ont transféré la souveraineté à l’UDI sur trois points majeurs : les investitures, les finances et la discipline ».

L’HebdO : Comment comptez vous peser sur le programme de l’actuelle majorité municipale alors que l’UDI a déjà défini que son partenaire naturel était l’UMP ?

Florent Montillot : « Nous n’avons pas, à l’UDI, de géométrie variable concernant nos alliances. Pour les prochaines élections municipales, l’objectif est de maintenir les « sortants » UMP et UDI. A Orléans, nul besoin de montrer ses biceps pour exister et nous ne sommes pas dans une notion de rapport de force. L’UDI est la troisième force politique du département et le troisième parti en nombre de militants. A Orléans, c’est même la deuxième force militante de la ville devant le PS. Croyez-moi, cela va se voir dans la cité. Concernant Serge Grouard et moi-même nous avons des parcours différents. Mais concernant notre vision de cette ville nous avons de fortes convergences ».
FM


Inscription à la newsletter



Maire Adjoint d'Orléans
à l'éducation, les connaissances,
la prévention et la réussite
éducative

Conseiller régional

Secrétaire Général adjoint de l'UDI
Président de la fédération UDI du Loiret (45)

Twitter
Facebook

Florent Montillot : RT @UDI_off: #Replay "L'Europe est notre seul instrument pour retrouver de véritables souverainetés !" @jclagarde était ce matin l’invité d…
Florent Montillot : RT @UDI_off: "La question de l'égalité et de la mixité est un combat politique et culturel qui doit être mené sans relâche." @JLBorloo a re…
Florent Montillot : RT @pdavy: Signature de protocole de partenariat pour les jeunes suivis par le service éducatif de prévention d'Orléans #orleans #solidaire…