Les villes à l'heure d'été et des « couvre-feux »


Jeudi 24 Août 2017

Les résultats sont impressionnants : à Orléans, « La délinquance a baissé de 70 % sur l'ensemble de la ville, se félicite l'adjoint. Quant au pourcentage des mineurs impliqués, il est passé de 27 % en 2001 à 20 % aujourd'hui. »



JEUNESSE. Un gigantesque tas de detritus, paquets de bonbons, mégots et autres bouteilles vides : c'est la « récolte » des agents de la ville de Bayeux.

« Trois jours de déchets laissés par terre place De Gaulle après des rassemblements de jeunes, souvent mineurs », indique la municipalité sous la photo publiée il y a un mois sur Facebook. Résultat : fin juin, le maire, Patrick Gomont (UDI), a pris un arrêté indiquant que « les rassemblements de personnes sont interdits tous les soirs de 22 heures au lendemain 6 heures ».

Ces dernières années, Orléans, Nice, Béziers, Asnières, Lisieux ou encore Cannes avaient pris de pareilles dispositions, visant spécifiquement les mineurs. Les rassemblements nocturnes se multipliant avec les vacances scolaires, plusieurs municipalités ont de nouveau recours au couvre-feu cet été. Une manière de responsabiliser les parents, estiment les élus.

La loi autorise les maires à établir des couvre-feux à condition qu'ils soient «justifiés par l'existence de risques particuliers », limites dans le temps, et qu'ils se limitent à une partie seulement de leur commune. À Bayeux, ce n'est « pas vraiment un couvre-/eu, précise Arnaud Tanquerel, premier adjoint au maire, mais un arreté anti rassemblement, dans un périmètre limité.

On l'avait déjà fait il y a deux ans et ça avait bien marché. L'été dernier, on n'en avait pas eu besoin... Il pleuvait ! ».

Dans la ville normande, ce ne sont pas des délinquants qui posent problème, mais juste « des jeunes entre 16 et 20 ans, parfois moins » qui fêtent un peu bruyamment la fin de l'année scolaire, entraînant des plaintes de riverains, d'hôtels et de l'hôpital voisin. Certains soirs, ils peuvent être jusqu'à 350. « Lors de ces soirées, il y a une consommation excessive d'alcool fort et de stupéfiants, les parents doivent le savoir ! », souligne la mairie. « Le matin, on retrouvait tout un tas de déchets, précise Arnaud Tanquerel. Il y a aussi le risque de coma éthylique ou de noyade dans une fontaine. » En tout cas, « le message est bien passé », chez les jeunes comme chez les parents. Aucun
récalcitrant n'a été interpellé.

À Beziers, Robert Ménard (apparenté,FN) a instauré cette mesure dès son arrivée en 2014 : les moins de 13 ans non accompagnes par un majeur ne doivent pas circuler après 23 heures. « L'interdiction vaut pour toute l'année, mais uniquement les week-ends, les jours fériés et les vacances scolaires, explique le maire. Il y a eu quelques petites protestations au début, mais aujourd'hui ce sont dans les quartiers les plus difficiles que les mamans sont le plus soulagées : cela leur permet de se faire obéir en utilisant la menace de la police !

Du coup, les incivilités ont baissé, même s'il y a toujours des gamins dehors... » Même expérience à Mazamet, dans le Tarn, qui reconduit depuis plusieurs étés ce « couvre-feu » pour les moins de 13 ans. Cette année, un petit village de l'Aisne a suivi l'exemple. Face à « une série de dégradations et nuisances sonores », Origny-Sainte-Benoîte, 1800 habitants, a décidé d'interdire la circulation des mineurs après 23 heures. Des incivilités qui seraient le fait d'une « quinzaine de mineurs », selon le maire Francis Delville. L'élu précise ne pas vouloir « les punir, mais plutôt responsabiliser les parents ».

Résultats impressionnants

C'est Orléans qui avait pris le premier arrêté, validé par le Conseil d'État en 2001.

« C'était une manière de s'attaquer à la délinquance à la source, raconte Florent Montillot, adjoint à la sécurité. Car ces trafiquants utilisent des enfants comme guetteurs, puis comme passeurs de sachets. Dans les quartiers sensibles, des enfants sont ainsi biberonnés par la rue dès leur plus jeune âge. » Les résultats sont impressionnants : « La délinquance a baissé de 70 % sur l'ensemble de la ville, se félicite l'adjoint. Quant au pourcentage des mineurs impliqués, il est passé de 27 % en 2001 à 20 % aujourd'hui. » Mais dans cette « démarche globale qui consiste à sortir les enfants de l'école de la rue pour les rendre à l'éducation parentale et nationale, poursuit-il, un autre volet est dédié aux parents avec la création d'un service de médiateurs et de parents-relais, par exemple ».

L'arrêté « couvre-feu », « ce n'est pas un miracle, c'est surtout un symbole », estime Florent Montillot. « Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche, ce sont juste des mesures de bon sens », renchérit Robert Ménard. En général, les couvre-feux sont maintenus tout l'été. À Bayeux, il durera jusqu'au 2 octobre. Mais à Origny, l'arrêté n'a pas de limite dans le temps : « On le suspendra quand on
considérera que ça va mieux », prévient la mairie.

 
FM


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